Algérie, 1958

     

Couv aoc27Une sale guerre. Des embuscades, des viols, des massacres, des règlements de comptes. Il n'y aurait que cela, j'aurais déjà du mal à supporter mon quotidien dans l'armée française. Mais ce qui m'intrigue, moi, ce sont les Errants. Qu'est-ce qu'ils viennent faire ici ? Et surtout, pourquoi suis-je le seul à les remarquer ? 

Une plongée au coeur de la guerre d'Algérie, ou quand la science-fiction s'invite dans l'une des pages les sombres de l'histoire de France.

"Algérie, 1958 "  est paru dans le 27ème numéro d'AOC

 

 

" Il y a presque une année que nous avons été parachutés dans les montagnes de l'Atlas, à la frontière tunisienne. Mon pays. Car je ne suis pas vraiment Breton. Mes ​parents ont​ fui Mussolini en 1932. Réfugiés en Tunisie, ils ont eu la bonne idée de m'y donner naissance. Ce qui fa​it de moi un pied- noir. J'ai pourtant grandi à Brest. Je suis et reste brestois dans l'âme. (...) Les Arabes ont une haute estime du prestige militaire. Nous l'avons perdue à leurs yeux. Soyons clairs, l'Indochine, c'était une chose. C'était loin. On y tenait par principe. Question d'autorité et de crédibilité. L'Algérie, c'est différent. L'Algérie, c'est la France. 

      Je ne sais pas combien de temps durera encore cette rébellion. Quand le ver est dans la pomme... Je n'ai pas honte de dire que j'ai fait partie de ceux qui ont sous-estimé nos adversaires. En métropole, on regarde les événements de loin, on se demande ce que fait la police. Les Fells. Je les ai vus combattre, et mourir. Des coriaces. Mais nous finirons par vaincre. Les Errants me préoccupent davantage. Ils s'infiltrent parmi nous à présent. Ce ne sont pas des rebelles. Pas des soldats, ni des civils du coin. Des étrangers. Je les appelle les Errants car ils ne semblent jamais avoir de destinations précises. Ils déambulent. "

    

     

 

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