Métempsycose programmée

Arkuiris20 2019

    "Métempsycose programmée" au sommaire d'une anthologie dirigée par Andréa Deslacs.

      De par les avancées technologiques, qu'elles soient biologiques, chimiques ou cybernétiques, qu'elles soient volontaires ou subites, nous ne sommes déjà plus les mêmes Hommes que nos grands-parents. Quelles seront notre attitude et notre place dans les sociétés à venir ? Quel regard aurons-nous sur nous-mêmes et sur nos descendants ? Et après le règne de Sapiens ? 

       Si les progrès de la bio-ingénierie aboutissait à l'avènement d'un nouvel humain, quelle place accorderait-on à ceux qui sont uniquement pourvus de ce dont la nature les a dotés à la naissance ? 

      Benjamin craint de faire partie des "mauvaises viandes", impropres à l'évolution technologique, condamné à vivre et à mourir dans son corps. De mystérieux meurtres vont mettre à jour un complot visant à anéantir une partie de l'humanité.

       

 

 Extrait : 

 

     — Voyez-vous, Benjamin, la nature est bien faite. Mais pas suffisamment...

    Benjamin se rembrunissait en s’enfonçant dans son fauteuil. Son jeune cerveau le dominait. Terrifiante créature en trois dimensions. En écartant les doigts comme une araignée déploie ses pattes, le docteur Baumann grossissait le cortex préfrontal.

    — Ici, siègent toutes les fonctions cognitives.

    Mouvement latéral de la main. L’organe pivota.
    — Là, le système limbique qui gère nos réactions émotionnelles.
   Benjamin se demandait si son crâne abritait réellement cette masse en apesanteur, contrôlée d’un geste par le Dr Bauman.

    — L’intervention consiste simplement à implanter ici une biopuce pas plus grosse qu’un grain de riz. Elle va stimuler votre FNR, la Force Neurique Rayonnante qui existe en chacun de nous, et ainsi induire la projection Kirlian, l’âme sensitive comme la nommait Aristote.

    Benjamin ne pouvait détacher son regard du « grain de riz » argenté. Bauman le tenait entre le pouce et l’index. Son sourire se voulait rassurant, mais une sourde panique vrillait l’estomac du garçon. Il ne craignait pas l’opération en elle-même. Il redoutait son échec. Non que le chirurgien puisse rater l’implantation, mais il appréhendait l’idée que son cerveau se révèle inadapté à la bio-ingénierie. 

 

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